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Sur le thème : « Sécurité et Gestion des risques en parapente » , petites contributions / réflexion

Avant d’entrer dans des analyses qui laisseraient supposer qu’il est possible de se mettre à l’abri de tout incident plus ou moins grave, de mon point de vue, il est bon de rappeler certains éléments « basiques » liés à notre pratique, sur le plan du matériel utilisé et de la personne humaine désirant voler. A partir de là, chaque individu fera le choix de la finalité recherchée à travers sa propre pratique.

  1. Le matériel : pour avoir suivi / vécu « historiquement » l’évolution des voiles, pour avoir expérimenté depuis 35 ans des vols divers et variés, parfois magiques, parfois « ploufesques », parfois « vraquesques », il est essentiel d’avoir toujours présent à l’esprit que l’engin que nous utilisons est simplement un grand morceau de tissu maintenu par quelques ficelles bien fines. A partir de là, en fonction des conditions environnementales du jour, on peut comprendre aisément qu’on ne peut pas tout faire avec cet engin. Donc prudence, car « bio-naturellement » parlant, nous ne sommes pas des oiseaux mais de simples Terriens hé hé !!!

  2. Le pratiquant : les capacités, qualités, aptitudes, …. motrices, psychologiques et cognitives de la personne humaine sont d’une richesse incommensurable. Depuis l’apparition des 1ers hommes, l’Histoire de l’Humanité le démontre tous les jours. Mais voilà, à propos de capacités, qualités, aptitudes … nous ne sommes pas égaux, nous ne sommes pas « foutus pareil ». Un tel sera davantage physique, davantage viscéral ou sensitif, un autre sera davantage perceptif, intuitif ou encore persévérant, ou encore technico-stratégique, … Ces aptitudes-là sont au départ innées et suivant les individus peuvent évoluer, s’améliorer en fonction des apprentissages et des expériences « éducatives » de chacun … sans pour autant croire (comme dans toutes les disciplines sportives) que les progrès peuvent être permanents. Tout le monde ne peut pas accéder au plus haut niveau, quel que soit le nombre de séances d’entraînement ou de stages …

  3. Le parapente : techniquement (décoller, maintenir le cap, tourner, atterrir), l’activité ne demande pas des aptitudes physico-motrices exceptionnelles. La gestuelle de base est simple et est accessible à tous les individus (normalement constitués, hé hé !!). Reste le fait de pouvoir tenir en l’air, de monter, de se déplacer tout en faisant durer son vol. Et c’est là où les choses se compliquent.

Il est des jours où ça monte tout seul. Quel que soit le type de voile utilisée, les thermiques sont partout, francs, uniformes et larges, … alors rien à dire si ce n’est : « ça vole !!! », plus ou moins haut suivant la voile, mais « ça vole !! ».

Cependant, il y a d’autres jours où, en fonction justement de la voile, mais aussi des conditions environnementales, de l’heure et également des aptitudes de chacun, ça ne monte pas terrible !! Il faut sentir, comprendre la masse d’air, ajuster sa gestuelle en fonction du type de thermique, faire un ou des choix en fonction du type d’analyse vento-nuageo-ensoleillo-environnementale ; s’accrocher, se battre pour, mentalement, faire durer son vol et devenir momentanément maître de la situation. Etre capable donc de décoder l’environnement tout en étant en feedback/dialogue permanent entre : Mon corps Mon engin (voile/sellette)

L’espace/la masse d’air dans laquelle j’évolue

Et là, bien sûr, nous ne sommes pas tous à égalité. Comme dans tous les sports, les aptitudes de chacun permettent plus ou moins de comprendre, de sentir, de progresser, … ou de stagner, voire d’arrêter car, sans l’envie, la motivation de voler, les risques seront davantage présents.

  • Gestion des risques : tout d’abord, je n’aime pas bien cette terminologie/ expression car elle laisse supposer, quelque part, que chaque fois que je vais voler, je prends un risque. Risque («Def : danger éventuel plus ou moins prévisible ») signifierait alors qu’une fois en vol, je pourrais être à la limite d’un possible accident. Or, cela ne doit pas être le cas (adiou le plaisir de voler !!). Sachant que le parapente est une activité qui peut être dangereuse, normalement je ne dois prendre aucun risque en volant tel jour, à telle heure, dans de telles conditions, avec telle voile. Si je prends un risque en me mettant en vol, c’est que je le décide et que je vais être, peut-être, à la limite de mes capacités … d’où un risque possible d’accident.

Zone verte, zone orange, zone rouge : bien situer/appréhender la zone dans laquelle j’envisage ou dans laquelle, par défi, je me suis engagé.

Zone verte : le but est de bien cerner — en fonction de ses propres compétences (d’où la nécessité de bien se connaître) — ses capacités et sa motivation du jour (en forme, bien dans la tête, envie de voler). Parallèlement à cela bien cerner/analyser l’aérologie du jour et s’engager dans le vol que si le plaisir de voler est palpable. Voler avec des potes apporte généralement un plus dans cette envie de voler (en zone verte) !

Zone orange : le doute est là « j’y vais / j’y vais pas ! ». « Aller, j’y vais ! ». A partir de là, tous les voyants doivent être allumés, aussi bien sur le plan sensitif, moteur, cognitif. Pour ce faire, la dimension mentale s’avère importante. Calme plat dans la tête, mise en relation des données (internes et externes) essentielles, pour pouvoir se dire « là, je fais le bon choix » ! Travail respiratoire / expiration … Et comme je connais bien mon niveau de pratique, ça doit passer…

Zone rouge : aïe, j’ai fait une « connerie » en me mettant en vol ou en me trouvant dans une telle situation ! En plus de la réflexion propre à la zone orange, ma décision doit être rapide et sans appel : « j’arrête de prendre un tel risque ». « Je me sauve » , aussi bien au sens propre que figuré.

Si vous lisez ces lignes, c’est que nous volons, pour la plupart, en zone verte, avec, parfois, quelques flirts avec la zone orange. Certains parmi nous ont taquiné la zone rouge. Pas grave si l’analyse de ce qui s’est passé est objectivement bien faite (débriefing) , mais si également son auto-évaluation au niveau de ses propres capacités est réalisée (principalement sensitivo-motrices et psychiques). Une reprise est alors envisageable … Yes !!!

Pour conclure : comme dans la plupart des sports de pleine nature (rando, trail, ski, escalade, plongée, …) , il est essentiel qu’il y ait une adéquation totale entre son niveau de pratique, son envie du jour, et le niveau dans lequel on compte s’engager. Cependant, les risques que l’on peut prendre en tant que Terrien sont différents lorsque l’on change d’éléments d’évolution (la verticalité, l’espace aérien, la profondeur aquatique). Toutefois, les aptitudes de chacun permettent, si le désir est là, de pénétrer/ de maîtriser / de s’approprier un minimum ces éléments (nous ne serons jamais des oiseaux, des poissons, des chimpanzés). Alors, en toute conscience / connaissance, continuons à « taquiner », chacun pour soi et pour tous, ces pratiques devenues accessibles grâce au génie humain …. Et Yes encore !!!

Frédo / Piton St Leu / le 9 Mars 2021

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